Racine d’ortie : bienfaits, propriétés et utilisation en phytothérapie

En bref

  • La racine d’ortie (Urtica dioica) aide à équilibrer l’hormone, améliorer la santé prostatique et le confort urinaire chez les hommes.
  • Elle contient des phytostérols, lignanes et polysaccharides qui soutiennent la santé prostatique et l’équilibre hormonal.
  • Des études montrent des bénéfices significatifs sur les symptômes urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate.
  • La racine d’ortie peut favoriser la biodisponibilité de la testostérone sans en augmenter la production.
  • Les utilisateurs constatent une amélioration de leur vitalité et de leur confort urinaire, surtout après 50 ans.

introduction

La racine d’ortie (Urtica dioica) possède des principes actifs spécifiques qui agissent sur l’équilibre hormonal, la santé prostatique et le confort urinaire. Utilisée depuis des siècles en Europe et en Asie, cette partie souterraine de l’ortie dioïque se distingue nettement des feuilles par sa composition biochimique et ses applications thérapeutiques. Voici tout ce que vous devez savoir sur la racine d’orties.

Qu’est-ce que la racine d’ortie ? Composition et principes actifs

bienfaits racine d'orties

Les racines d’orties proviennent de la partie souterraine de l’ortie dioïque, une plante herbacée vivace de la famille des Urticacées. La récolte s’effectue généralement à l’automne, période où la plante concentre ses réserves nutritives dans ses racines.

Principes actifs clés

  • Les phytostérols, et particulièrement le bêta-sitostérol, constituent les molécules les plus étudiées. Ces composés végétaux inhibent l’enzyme 5-alpha-réductase, qui convertit la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), un androgène cinq fois plus puissant impliqué dans la croissance excessive du tissu prostatique.
  • Les lignanes exercent une double action antioxydante et anti-inflammatoire. Ces polyphénols possèdent une activité œstrogénique faible qui contribue à l’équilibre hormonal sans perturber les fonctions endocriniennes. Ils protègent les cellules du stress oxydatif et modulent l’inflammation chronique de bas grade.
  • Les polysaccharides renforcent les défenses naturelles et réduisent l’inflammation locale, notamment au niveau des voies urinaires. Ces sucres complexes agissent en synergie avec les autres composés pour potentialiser les effets thérapeutiques de la racine.
  • Les lectines, protéines spécifiques capables de se lier à certaines structures cellulaires, contribuent à l’action anti-proliférative observée sur les tissus prostatiques en modulant la croissance cellulaire de manière physiologique.

Comment ça marche :

L’activité anti-inflammatoire résulte de l’inhibition des cytokines et des prostaglandines pro-inflammatoires. La modulation hormonale s’opère par plusieurs voies : inhibition de l’aromatase (enzyme convertissant les androgènes en œstrogènes), inhibition de la 5-alpha-réductase, et influence sur la Sex Hormone Binding Globulin (SHBG), protéine transportant les hormones sexuelles dans le sang. En modulant l’activité de la SHBG, la racine d’ortie favorise une meilleure biodisponibilité de la testostérone libre.

Les bienfaits de la racine d’ortie sur la prostate

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) touche 50% des hommes de plus de 50 ans et jusqu’à 80% après 70 ans. Cette augmentation progressive du volume prostatique comprime l’urètre et provoque pollakiurie, nycturie, jet urinaire faible, sensation de vidange incomplète et délai au démarrage de la miction.

Une méta-analyse publiée dans le Journal of Herbal Pharmacotherapy a évalué six essais cliniques portant sur plus de 500 patients. Les résultats montrent une réduction significative des symptômes urinaires, une amélioration du débit urinaire maximal et une diminution du volume résiduel post-mictionnel après 4 à 6 semaines de traitement.

L’amélioration se manifeste progressivement : diminution des mictions nocturnes, jet urinaire plus fort, sensation de vidange vésicale plus complète. Ces bénéfices impactent directement la qualité de vie et du sommeil.

Triple action sur la prostate

  • Le premier mécanisme concerne l’inhibition de la 5-alpha-réductase de type 2. En réduisant la conversion de testostérone en DHT, la racine d’ortie limite la stimulation hormonale responsable de l’hypertrophie prostatique.
  • Le deuxième mécanisme implique l’aromatase. Avec l’âge, l’activité de cette enzyme augmente chez l’homme, élevant le ratio œstrogènes/testostérone et favorisant la croissance du tissu glandulaire prostatique. Les phytostérols inhibent partiellement l’aromatase et maintiennent un équilibre hormonal favorable.
  • Le troisième mécanisme repose sur l’action anti-inflammatoire des polysaccharides et des lignanes, qui réduit l’inflammation chronique du tissu prostatique, facteur aggravant des symptômes urinaires.

Bienfaits de la racine d’ortie sur la testostérone

un homme à une forte testostérone grâce à la racine d'orties

La racine d’ortie n’augmente pas directement la production de testostérone par les testicules. Son action porte sur la biodisponibilité hormonale, c’est-à-dire la quantité de testostérone effectivement utilisable par l’organisme.

La SHBG, protéine produite par le foie, se lie aux hormones sexuelles dans le sang. Lorsque la testostérone se lie à la SHBG, elle devient biologiquement inactive. Seule la testostérone libre ou faiblement liée à l’albumine (testostérone biodisponible) reste active.

Avec l’âge, les taux de SHBG augmentent progressivement, réduisant la fraction de testostérone libre disponible. Cette diminution peut engendrer baisse de libido, diminution de l’énergie, perte de masse musculaire, irritabilité et troubles de la concentration.

Des études in vitro montrent que certains composés de la racine d’ortie, notamment les lignanes, se lient à la SHBG et modifient son affinité pour la testostérone. Cette interaction favorise la libération de testostérone libre, augmentant sa biodisponibilité sans stimuler sa production. Cet effet reste modeste et variable selon les individus.

Vitalité, libido et composition corporelle

Les utilisateurs rapportent fréquemment une amélioration de l’énergie générale, une meilleure résistance à la fatigue et une sensation de bien-être après plusieurs semaines de supplémentation régulière.

Sur le plan de la fonction sexuelle, les effets demeurent subtils et progressifs. La racine d’ortie participe à l’équilibre hormonal nécessaire à une sexualité satisfaisante. L’amélioration du confort prostatique et la réduction de l’inflammation pelvienne peuvent contribuer indirectement à une meilleure fonction érectile, notamment chez les hommes présentant une HBP symptomatique.

Concernant la masse musculaire, les effets restent modérés et ne remplacent pas un programme d’entraînement approprié et une nutrition adaptée. En soutenant l’équilibre hormonal, la racine d’ortie peut favoriser le maintien de la masse maigre chez les hommes d’âge mûr pratiquant une activité physique régulière.

Les bienfaits de la racine d’ortie pour les hommes

racine d'orties et prostate

Santé urinaire après 50 ans

Les symptômes du bas appareil urinaire liés à l’HBP affectent progressivement la majorité des hommes au-delà de 60 ans. La racine d’ortie préserve le confort urinaire et retarde ou atténue l’apparition de ces symptômes.

L’utilisation préventive, dès les premiers signes discrets d’inconfort urinaire, contribue à maintenir une fonction urinaire optimale plus longtemps. Les hommes ayant des antécédents familiaux d’HBP peuvent envisager une supplémentation précoce, en accord avec leur médecin, pour bénéficier d’un effet protecteur.

Fonction sexuelle et vitalité

La santé sexuelle masculine repose sur un équilibre complexe impliquant système hormonal, circulation sanguine, état psychologique et santé globale. La racine d’ortie agit sur plusieurs de ces dimensions de manière synergique.

Une prostate inflammée ou hypertrophiée peut occasionner douleurs périnéales, gêne lors de l’éjaculation et diminution du plaisir sexuel. En réduisant ces inconforts, la racine d’ortie participe indirectement à une sexualité plus épanouie.

Les hommes rapportent une amélioration de l’énergie physique et mentale, une meilleure endurance à l’effort et une récupération facilitée après l’exercice. Ces effets contribuent à un sentiment de bien-être global et à une meilleure qualité de vie au quotidien.

Action anti-inflammatoire systémique

L’inflammation chronique de bas grade, ou « inflammaging », constitue un facteur central du vieillissement et de nombreuses pathologies dégénératives. Les polysaccharides et les lignanes de la racine d’ortie modulent les cytokines pro-inflammatoires (IL-1, IL-6, TNF-alpha) et inhibent la voie NF-kappaB, régulateur clé de la réponse inflammatoire.

Cette action anti-inflammatoire systémique bénéficie à la prostate, aux articulations, au système cardiovasculaire et au métabolisme global. Les hommes souffrant de douleurs articulaires liées à l’arthrose ou à l’inflammation chronique peuvent constater une amélioration du confort articulaire après plusieurs semaines de supplémentation.

Les propriétés antioxydantes des lignanes protègent les cellules du stress oxydatif, processus délétère impliqué dans le vieillissement cellulaire, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Bienfaits de la racine d’ortie pour les femmes

racine d'orties bienfaits femmes

Équilibre hormonal féminin

L’équilibre entre œstrogènes et progestérone régit cycle menstruel, fertilité, humeur, qualité de la peau, densité osseuse et santé cardiovasculaire. Cet équilibre fluctue naturellement au cours de la vie, mais peut être perturbé par le stress chronique, les perturbateurs endocriniens, l’alimentation ou certaines pathologies.

Les lignanes de la racine d’ortie possèdent une activité œstrogénique faible, leur conférant une action modulatrice intéressante. En période de périménopause, lorsque les œstrogènes diminuent de manière erratique, les lignanes peuvent exercer un léger effet œstrogénique compensateur, atténuant bouffées de chaleur, irritabilité, troubles du sommeil ou sécheresse cutanée.

À l’inverse, en cas de dominance œstrogénique relative, les lignanes peuvent également exercer un effet régulateur en occupant les récepteurs œstrogéniques et en modulant l’activité de l’aromatase. Cette polyvalence fait de la racine d’ortie un adaptogène hormonal doux, capable de soutenir l’équilibre naturel sans effet disruptif majeur.

Confort urinaire et prévention

Les infections urinaires récurrentes représentent un problème fréquent chez les femmes, particulièrement après la ménopause lorsque la diminution des œstrogènes entraîne une atrophie de la muqueuse vaginale et urétrale, réduisant les défenses locales contre les pathogènes.

La racine d’ortie, grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices, contribue à réduire l’inflammation des voies urinaires et à renforcer les défenses naturelles. Bien qu’elle ne remplace pas un traitement antibiotique en cas d’infection aiguë, elle peut être utilisée en prévention des récidives, en complément de mesures hygiéno-diététiques.

Les polysaccharides exercent une action apaisante sur les muqueuses irritées, contribuant au confort urinaire en cas de cystite interstitielle, de syndrome de la vessie douloureuse ou de sensibilité vésicale accrue.

Racine d’ortie et troubles de l’érection : ce que dit la science

La fonction érectile représente un indicateur sensible de la santé globale masculine, impliquant l’intégrité du système cardiovasculaire, l’équilibre hormonal, l’état neurologique et psychologique. Les troubles de l’érection touchent environ 30% des hommes de plus de 50 ans et jusqu’à 50% après 70 ans.

Action indirecte sur la fonction érectile

La racine d’ortie ne constitue pas un traitement direct de la dysfonction érectile et ne peut être comparée aux inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 (sildénafil, tadalafil). Son action se situe en amont, sur plusieurs facteurs contributifs.

Les propriétés anti-inflammatoires contribuent à maintenir la santé endothéliale, c’est-à-dire l’intégrité de la paroi interne des vaisseaux sanguins. Une fonction endothéliale optimale reste nécessaire à la vasodilatation et donc à l’afflux sanguin nécessaire à l’érection.

La modulation de la SHBG favorise la biodisponibilité de la testostérone. Un taux adéquat de testostérone libre reste nécessaire au maintien de la libido et de la fonction érectile. Une testostérone biodisponible optimale soutient également la production d’oxyde nitrique, vasodilatateur indispensable au processus érectile.

La réduction de l’inflammation prostatique lève indirectement certains obstacles mécaniques ou inflammatoires pouvant affecter la qualité de l’érection, notamment lorsqu’une prostate enflammée ou hypertrophiée comprime les structures nerveuses et vasculaires.

Racine versus feuilles pour les femmes

Pour les femmes, la distinction entre racine et feuilles s’avère particulièrement importante. Les feuilles apportent fer biodisponible (utile en cas d’anémie ferriprive), calcium (prévention de l’ostéoporose), magnésium (équilibre nerveux) et silice (beauté de la peau, des cheveux et des ongles).

Les feuilles exercent également une action antihistaminique naturelle, utile en cas d’allergies saisonnières, et un effet diurétique plus marqué, favorisant l’élimination des toxines et la réduction de la rétention d’eau.

La racine se concentre sur l’équilibre hormonal et le soutien du système urinaire, avec une action plus profonde et plus spécifique sur la sphère hormonale féminine. Les deux parties de la plante peuvent être utilisées de manière complémentaire : feuilles pour la reminéralisation, l’allergie et la détoxification, racine pour l’équilibre hormonal et le confort urinaire.

Comment utiliser la racine d’ortie ?

un homme va prendre de la racine d'orties en gélules

Voici les formes disponibles :

Gélules et extraits standardisés : forme la plus courante et la plus pratique. Les gélules contiennent de la poudre de racine séchée ou, préférablement, un extrait concentré standardisé en principes actifs. Les extraits standardisés offrent une concentration supérieure en composés actifs et une meilleure reproductibilité des effets. Privilégier les extraits titrés à au moins 0,8% de bêta-sitostérol.

Teinture mère : préparation alcoolique concentrée permettant une absorption rapide des principes actifs. La teinture mère s’utilise diluée dans un peu d’eau, à raison de 2 à 4 ml, deux à trois fois par jour. Le goût prononcé et la présence d’alcool peuvent rebuter certains utilisateurs.

Poudre de racine : peut être consommée sous forme de poudre brute, mélangée à de l’eau, du jus ou incorporée dans des smoothies. Cette forme préserve l’intégralité du profil phytochimique de la plante, mais la concentration en principes actifs reste moindre qu’avec un extrait standardisé. Compter 1 à 3 grammes de poudre par jour.

Décoction : méthode traditionnelle nécessitant de faire bouillir 1 à 2 grammes de racine séchée dans 250 ml d’eau pendant 10 minutes, puis laisser infuser 10 minutes supplémentaires. Filtrer et consommer 2 à 3 tasses par jour.

💡 À savoir :
La forme Racine d’orties en gélules est la plus pratique afin de profiter des effets tout en facilitant la supplémentation.

Posologie recommandée

Les études cliniques ayant démontré l’efficacité de la racine d’ortie sur les symptômes prostatiques ont généralement utilisé des extraits standardisés à des doses comprises entre 300 et 600 mg par jour, répartis en deux prises.

Extraits standardisés : 300 à 600 mg d’extrait sec par jour, soit 150 à 300 mg matin et soir. Cette dose s’applique aux extraits titrés en bêta-sitostérol (minimum 0,8%). Pour une efficacité optimale sur les symptômes prostatiques, privilégier un dosage de 500 à 600 mg par jour.

Durée d’utilisation : Les effets bénéfiques se manifestent progressivement. Une amélioration significative des symptômes urinaires apparaît généralement après 4 à 8 semaines de supplémentation régulière. Pour les effets sur l’équilibre hormonal et la vitalité, compter également 6 à 8 semaines minimum.

La racine d’ortie peut être utilisée en cure prolongée, sur plusieurs mois voire en continu, sans risque d’accoutumance ni d’effets indésirables à long terme chez les personnes ne présentant pas de contre-indications.

Associations synergiques

  • Saw palmetto : cette combinaison représente l’association phytothérapique la plus étudiée pour la santé prostatique. Le palmier nain inhibe également la 5-alpha-réductase et exerce une action anti-inflammatoire complémentaire. De nombreuses études ont démontré la supériorité de cette association par rapport à chaque plante utilisée seule. Dosage : 320 mg d’extrait de palmier nain + 300 mg d’extrait de racine d’ortie par jour.
  • Zinc : cet oligo-élément participe à la santé prostatique. Le zinc intervient dans la régulation hormonale et le métabolisme de la prostate. Dosage : 15 mg de zinc

Effets secondaires potentiels

La racine d’ortie reste remarquablement bien tolérée et ne comporte pas ou peu d’effets secondaires. Les effets indésirables, lorsqu’ils surviennent, demeurent généralement légers et transitoires : légers troubles digestifs, nausées ou diarrhée en début de traitement, disparaissant après quelques jours. Prendre la racine d’ortie pendant les repas peut limiter ces désagréments.

Les réactions allergiques restent rares, mais possibles chez les personnes allergiques aux Urticacées. Elles se manifestent par des démangeaisons, éruptions cutanées ou, exceptionnellement, des symptômes respiratoires.

Importance de l’avis médical

Une consultation médicale avant toute supplémentation reste vivement recommandée, notamment en cas de diagnostic d’HBP établi ou suspecté, de présence de symptômes urinaires, de prise de médicaments chroniques, de pathologies rénales, cardiovasculaires, hépatiques ou endocriniennes, ou d’antécédents de cancer hormonodépendant.

Le complément alimentaire ne remplace jamais un traitement médical ni ne dispense d’un suivi médical approprié. Les symptômes urinaires peuvent être le signe d’une pathologie sérieuse nécessitant une investigation médicale.

Conclusion

La racine d’ortie représente un complément phytothérapique de référence pour le soutien de la santé prostatique masculine et l’équilibre hormonal. Riche en phytostérols, lignanes et polysaccharides, elle agit selon des mécanismes biologiques documentés : inhibition de la 5-alpha-réductase et de l’aromatase, modulation de la SHBG, action anti-inflammatoire et antioxydante.

Les bénéfices cliniquement démontrés concernent principalement l’amélioration des symptômes urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate, avec une réduction de la pollakiurie nocturne, une amélioration du débit urinaire et une sensation de vidange vésicale plus complète. Pour les hommes de plus de 50 ans confrontés aux premiers signes d’inconfort prostatique, la racine d’ortie offre une alternative naturelle efficace et bien tolérée.

Sources :

Rejoindre la discussion

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier
Retour en haut